Le coût de revient d'un porteur frigorifique
Un frigo, c'est un camion plus un groupe froid qui tourne — y compris à l'arrêt. Chaque poste du trinôme est majoré, et l'oublier coûte la marge.
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Un camion, plus un groupe froid qui tourne
Le transport frigorifique cumule deux machines : le véhicule et le groupe froid. Le second travaille pendant la conduite, pendant les livraisons, et souvent pendant que le camion dort — une nuit de pré-refroidissement avant une tournée produits frais, c'est du carburant et de l'usure sans un seul kilomètre au compteur. C'est pourquoi chaque terme du trinôme est majoré par rapport au même porteur en sec, de 15 à 25 % au total.
Où se logent les surcoûts frigo
- Carburant (CK) — le groupe froid consomme 1 à 3 L/heure selon la température de consigne et la saison. Ramené au kilomètre d'une tournée de distribution, cela ajoute 2 à 4 L/100 km à la consommation apparente du véhicule. L'été, en bi-température, c'est le haut de la fourchette.
- Entretien (CK) — deux moteurs à entretenir au lieu d'un. Le groupe a ses propres révisions, ses pannes (toujours un vendredi de canicule), et la caisse isotherme vieillit : joints de portes, planchers, rideaux d'air. Comptez ~30 % d'entretien en plus qu'un fourgon sec équivalent.
- Amortissement (CJ) — une caisse frigorifique + groupe coûte nettement plus cher à l'achat qu'une caisse sèche, et l'attestation ATP borne sa durée de vie économique : passé un certain âge, la caisse ne passe plus le renouvellement et la valeur résiduelle plonge. L'amortissement journalier s'en ressent directement.
- Conducteur (CC) — léger surcoût de temps : contrôles de température, enregistrements, protocoles de quai en agroalimentaire. Des minutes qui s'accumulent sur une tournée à quinze points.
Le calcul type : une tournée frais
Avec le profil pré-rempli ci-dessus (mode « coût d'une opération ») : 220 km, 8 h 30 de service, une journée, 18 € de péages. Le coût complet ressort autour de 480–500 € — soit 12 à 18 % au-dessus du même calcul en porteur sec. Si vos prix frigo sont alignés sur vos prix secs « parce que c'est le même camion ou presque », cette différence sort de votre marge à chaque tournée.
Et la saisonnalité joue : le même calcul en juillet (groupe à plein régime, consigne négative) ne donne pas le coût de janvier. Les exploitations frigo sérieuses ont deux jeux d'hypothèses, été et hiver.
Les réflexes du frigo bien coté
- Facturez la température, pas seulement le trajet : un −22 °C ne coûte pas un +4 °C. Le bi-compartiment ajoute encore un cran.
- Comptez le pré-refroidissement dans le coût de l'opération quand la marchandise l'exige — c'est du carburant et des heures groupe bien réels.
- Surveillez l'échéance ATP dans votre amortissement : une caisse à deux ans du renouvellement ne se valorise pas comme une neuve.
- Indexez le gazole véhicule ET groupe — la clause carburant doit couvrir les deux consommations, pas seulement celle du moteur de traction.
Pour la base de la méthode, voir le guide du trinôme CNR et le coût de revient du porteur 19 t en version sèche.
La chaîne du froid, cotée juste
Cotafret applique vos majorations frigo automatiquement dans chaque réponse — plus de surcoût oublié dans l'urgence.