Le coût de revient au trinôme, pour la capacité de transport
L'attestation de capacité conditionne l'accès au métier, et le calcul du coût de revient est la seule partie du programme qu'on retrouve chaque semaine une fois installé. Voici comment le poser.
Mis à jour le 6 septembre 2026
Pourquoi le coût de revient tombe à l'examen
L'attestation de capacité professionnelle conditionne l'accès au métier : sans elle, pas d'inscription au registre des transporteurs, donc pas d'entreprise de transport routier de marchandises de plus de 3,5 tonnes. La session annuelle 2026 se tient le mercredi 14 octobre 2026, en centre unique à Arcueil pour les candidats domiciliés en métropole, pour une redevance d'inscription de 30 €.
Le programme couvre la réglementation des transports, la gestion financière, le droit du travail, la sécurité routière, la gestion commerciale et l'exploitation. Le calcul d'un coût de revient appartient à la gestion financière, et il a une particularité : c'est la seule partie du programme que le candidat retrouvera chaque semaine une fois installé. Un règlement s'oublie et se rouvre ; un prix de vente se pose tous les jours.
Les modalités précises des épreuves, leur durée et leur barème sont fixées par arrêté et publiées par le SIEC. Cette page ne les reprend pas : elle traite la méthode de calcul elle-même, celle qu'un candidat doit savoir poser sans hésiter.
La méthode attendue : trois termes, trois unités d'œuvre
Le coût de revient d'un véhicule ne se ramène pas à un prix au kilomètre, parce que la moitié des coûts ne dépend pas des kilomètres. Le conducteur est payé à l'heure de service ; l'amortissement, l'assurance et la structure tombent chaque jour, que le camion roule ou non. La méthode du trinôme, formalisée par le Comité National Routier, sépare donc trois familles :
coût de revient = (CK × kilomètres) + (CC × heures) + (CJ × jours)
- CK, le terme kilométrique : ce qui s'use en roulant. Carburant, pneumatiques, entretien et réparations.
- CC, le terme horaire : le coût complet d'une heure de service du conducteur, charges et frais de route compris.
- CJ, le terme journalier : ce que le véhicule coûte par jour d'exploitation même à l'arrêt. Matériel, assurances, taxes, quote-part de structure.
La méthode complète, terme par terme, avec les ordres de grandeur du référentiel, est détaillée dans le guide de la formule du trinôme CNR. La suite de cette page est consacrée à la façon de poser le calcul en situation d'examen.
Poser le calcul dans l'ordre
Un énoncé donne des charges en vrac et une activité annuelle. Le travail consiste à ranger chaque charge dans le bon terme avant de calculer quoi que ce soit. C'est ce classement qui est noté, pas l'arithmétique.
- Étape 1 : classer. Chaque charge dans un seul terme. Le gazole est kilométrique, le salaire est horaire, l'assurance est journalière.
- Étape 2 : diviser par la bonne unité d'œuvre. Les charges kilométriques par les kilomètres annuels, les horaires par les heures de service annuelles, les journalières par les jours exploités.
- Étape 3 : recomposer sur l'opération demandée, avec ses propres kilomètres, heures et jours.
- Étape 4 : ajouter ce qui n'appartient à aucun terme, au réel : péages, traversées, frais d'approche.
Une erreur de classement se propage sur tout le calcul. Une erreur d'arrondi coûte quelques centimes.
L'exercice type, résolu
Énoncé. Un ensemble articulé roule 100 000 km par an, pour 1 900 heures de service et 220 jours d'exploitation. Charges annuelles : carburant 48 000 €, pneumatiques 4 000 €, entretien 11 000 €, conducteur 53 200 € charges et frais compris, matériel et assurances 30 800 €. Calculer le coût d'une opération de 600 km, 12 heures, 1 jour, avec 90 € de péages.
Les trois termes, chacun divisé par son unité d'œuvre :
- CK = (48 000 + 4 000 + 11 000) ÷ 100 000 = 0,63 €/km
- CC = 53 200 ÷ 1 900 = 28,00 €/h
- CJ = 30 800 ÷ 220 = 140,00 €/jour
Puis la recomposition sur l'opération :
- terme kilométrique : 0,63 × 600 = 378,00 €
- terme horaire : 28,00 × 12 = 336,00 €
- terme journalier : 140,00 × 1 = 140,00 €
- péages, au réel : 90,00 €
Coût de revient de l'opération : 944,00 €, soit 1,57 €/km péages compris. Avec une marge de 10 %, le prix de vente ressort à 1 038,40 €.
Remarquez la répartition : le conducteur pèse 336 € quand le carburant pèse environ 288 € des 378 € kilométriques. Le premier poste n'est pas le gazole, contrairement à ce que la conversation de comptoir répète. C'est vrai à l'examen et c'est vrai en exploitation.
Les pièges qui coûtent des points
- Confondre heures de conduite et heures de service. L'attente au quai, le chargement et le hayon sont du temps payé. Diviser par les heures de conduite gonfle le CC et fausse toute opération à forte manutention.
- Diviser par 365 jours. Le CJ se divise par les jours réellement exploités. Entre 220 et 250 jours, l'écart sur le terme journalier dépasse 12 %.
- Ranger les péages dans le CK. Ils dépendent de l'itinéraire, pas du véhicule : ils s'ajoutent au réel de chaque opération.
- Marger sur le chiffre d'affaires au lieu du coût. Appliquer 10 % à un prix de vente ne donne pas 10 % de marge sur le coût. Un prix de 944 € majoré de 10 % vaut 1 038,40 € ; un prix dont la marge représente 10 % du chiffre d'affaires vaudrait 1 048,89 €. L'écart paraît petit sur une ligne et se compte en milliers d'euros sur une année.
- Oublier les frais de route. Repas et découchés ajoutent plusieurs euros à l'heure de service en longue distance.
Après l'examen, le même calcul change de rôle
À l'examen, le trinôme sert à trouver un résultat juste sur un énoncé fermé. En exploitation, il sert à savoir si un prix proposé couvre ses coûts, et il se pose plusieurs fois par jour, sur des demandes qui arrivent par mail avec des données incomplètes. Le calcul ne change pas ; ce qui change, c'est qu'il faut le refaire pour chaque demande, sans se tromper, pendant que le téléphone sonne.
C'est la raison d'être d'un outil de cotation : appliquer la même méthode, avec vos propres coûts, à chaque demande reçue. Le calcul du coût de revient vous donne le chiffre pour un véhicule ; le reste consiste à ne jamais descendre en dessous.
Le même calcul, sur chaque demande reçue
Une fois installé, le trinôme se repose plusieurs fois par jour. Cotafret l'applique à vos coûts pour chaque demande qui arrive dans votre boîte.
14 jours ou 30 cotations, sans carte bancaire. Le décompte démarre à votre première relève, pas à l'inscription.