Coût de revient d'une benne TP
Peu de kilomètres, beaucoup d'heures, une usure de chantier : la benne TP est le contre-exemple parfait du raisonnement « au km ». Ici, c'est le jour qui compte.
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La benne se vend à la journée, s'use au chantier
La benne TP est l'anti-modèle de la longue distance : 50 000 à 60 000 km par an seulement, mais des journées complètes de 8 heures, des rotations courtes, et une usure que le bitume n'explique pas. Pistes de chantier, surcharges ponctuelles, poussière, lavages : les pneus et l'entretien y coûtent au kilomètre 30 à 50 % de plus que sur un porteur routier. Et entre deux rotations, le camion attend — chargeur occupé, chantier bloqué, météo. Ces heures-là ne consomment rien, mais elles coûtent le conducteur et le terme journalier plein pot.
La structure de coûts d'une benne
- Le jour est l'unité reine. À ~55 000 km/an pour 210 jours exploités, la benne parcourt à peine 260 km par jour. Les 125 € de coûts journaliers pèsent donc ~0,48 €/km — deux fois et demie le poids du CJ d'une longue distance. Vendre au km, c'est ignorer la moitié du coût.
- Conducteur : des heures pleines. 8 heures de service par jour, dont une part significative à l'arrêt (chargement pelle, bascule, attente). ~27 €/h chargés, qu'il pleuve ou que ça roule.
- Pneus et entretien : le surcoût chantier. ~0,045 €/km de pneus (flancs abîmés, crevaisons piste) et ~0,13 €/km d'entretien : suspensions, vérins de benne, freins. Une benne « propre » au contrôle, c'est ce budget-là, pas celui d'un camion de route.
- Gazole : présent mais minoritaire. 30 L/100 km en cycle chantier, mais sur peu de kilomètres : le carburant pèse moins que sur route. Le GNR n'existe plus pour le transport : c'est du gazole pro, indexable comme le reste.
Le calcul honnête : au jour, contrôlé au km
Le mode « coût d'une opération » du calculateur, réglé sur une journée type (120 km, 8 h, 1 jour, pas de péages), donne le coût de la journée de benne : autour de 400–430 €. C'est le chiffre à comparer à votre prix de mise à disposition journalière. La contre-vérification au kilomètre sert pour les chantiers à longue approche : si l'évacuation exige 60 km d'autoroute par rotation, le terme kilométrique remonte et le forfait jour doit suivre.
Le piège classique du TP : accepter un prix de journée calé sur la concurrence « parce que c'est le tarif du coin », sans vérifier qu'il couvre VOTRE amortissement. Une benne récente en crédit-bail ne se loue pas au prix d'une benne amortie depuis cinq ans — ou alors c'est un choix, mais qu'il soit chiffré.
Les spécificités à ne pas rater
- La saisonnalité. 210 jours exploités est une hypothèse haute : un hiver pluvieux ou un chantier décalé font vite tomber le compteur à 190, et le CJ par jour grimpe d'autant. Recalculez en morte-saison.
- L'attente non facturée. Au-delà d'une franchise raisonnable, l'heure d'attente chantier doit apparaître au contrat — 27 € de l'heure, ce n'est pas un geste commercial, c'est votre coût.
- Les kilomètres d'approche. Dépôt → chantier → dépôt : si l'approche fait 50 km par jour, elle appartient au coût de l'opération, pas aux frais généraux.
Méthode complète dans le guide du trinôme CNR ; définition de référence au glossaire.
Le TP coté à la journée, sans perdre au km
Cotafret chiffre vos demandes avec vos coûts réels — journée, mise à disposition ou km, c'est votre grille qui décide.